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Université de Nantes sociologie  Colloque Sociétés de la Mondialisation
 

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Le rire de Norma Jean Baker Marylin 2012
Hommage à C Leneveu David Morin-U.
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Traces et contrastes du décor populaire
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Les ouvriers des chanson
L'envers du décor : les peuples de l'art
Les ouvriers Nazairiens ou la double vie
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Apocalypse à Manhattan
Du commun, Critique de sociologie politique
Des cultures populaires
Odyssée du sujet dans les sciences sociales
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Rapport à l'écriture
Sciences sociales et humanités
Le parcours du doctorant -Coll. la Normalité
Le temps incertain du goût musical
Hommage C Leneveu-J. Deniot
Chanson comme écriture de l'effusion
 
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De Bretagne et d'ailleurs
Eros et société Lestamp-Edition 2012
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Eros et liberté Paris, Le Manuscrit 28 juillet 2014

 

Le genre et l'effroi d'après Judith Butler par J-A DENIOT. Nantes Lestamp

 

J.REAULT, De N Poulantzas à C Castoriadis, deux ponctuations grecques d'un itinéraire sociologique in Christias et Mouchtouris (éd.) Actualité de la pensée grecque. Paris Le Manuscrit 2014.

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La Normalité, 8° Eté du Lestamp jeudi 27 vendredi 28 samedi 29  juin 2013 Nantes

 
 

Eté du Lestamp 2012, Des hommes des femmes Inerties et métamorphoses anthropologiques

 
J Deniot M Petit-Choubrac J Réault L Danchin, 8 mars 2013 Galerie Atelier-Expo Nantes

Sociologie Nantes

Joëlle Deniot Professeur de sociologie à l'Université de Nantes - Habiter-Pips,  EA 4287 - Université de Picardie Jules Verne - Amiens Membre nommée du CNU Affiche de Joëlle Deniot copyright Lestamp-Edition 2009

Sciences sociales et humanités Joëlle Deniot et Jacky Réault : colloque l'Eté du Lestamp avec HABITER-PIPS Université de Picardie Jules Verne.
Université de Picardie Jules Verne- LESTAMP, Amiens H-P Itinétaires de recherche à l'initiative de Jacky Réault
Joëlle Deniot et Jacky Réault Etats d'arts Affiche de Joëlle Deniot copyright Lestamp--Edition 2008

Joëlle Deniot Jacky Réault 2006 Invention de l'Eté du Lestamp devenu Colloque du Lieu commun des sciences sociales

 

 
 
Prise de parole en public
Gestion des connaissances KM
Gestion des conflits
Bilan professionnel
Ingénierie de formation
Certification des formateurs
Préparation au concours
Orientation professionnelle
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Conduite de réunions participatives
Gestion du stress au travail
Management de projet
Réussir la prise de poste
Formation coaching de progression
Conduite du changement
Université de Nantes Sociologi eJ Deniot J Réault  CDrom The societies of the globalization Paris LCA 2007

Nantes sociologie

Pour un écosystème réel et virtuel des social scientists  et des sites ouverts à un lieu commun des sciences sociales et à la multiréférentialité

Revues en lignes,

-Pour un lieu commun des sciences sociales

 www.sociologie-cultures.com  

-Mycelium (Jean-Luc Giraud, Laurent Danchin=, Cliquer pour découvrir les nouveautés de septembre 2012

-Interrogations

http://www.revue-interrogations.org/actualite.php?ID=95li

Cliquez sur l'image pour accéder au film sur Youtube Joëlle Deniot. Edith PIAF. La voix, le geste, l'icône. de ambrosiette (Jean Luc Giraud sur une prise de vue de Léonard Delmaire Galerie Delta Paris 7 09 2012 J A Deniot M Petit-Choubrac,J Réault  L Danchin, J L Giraudtous édités au  Lelivredart

      

 

Sociologie de la chanson et de la voix

Dernier passage de Joëlle Deniot sur France Culture le lundi 27 mai 2013 à 10 heures 30

sur les voix de femmes de la chanson, et d'abord de Piaf

La chanson réaliste : colloque international 1997

Joëlle Deniot

1997 date fondatrice d'une entrée de la chanson réaliste sous la perspective principale des voix de femmes, dans les sciences sociales au Laboratoire d'Etudes et des Transformations des Milieux Populaires, directrice Joëlle Deniot


 
La chanson réaliste Colloque J Deniot Lestamp U de Nantes 2007 A l'initiative de Joëlle Deniot >>>

Le
laboratoire de sociologie Lestamp ea Université de Nantes organise un colloque pluridisciplinaire sur la chanson réaliste, "genre" à contours historiques variables, les 12, 13 et 14 novembre 1997 à Nantes.

Questionner le rapport des sociétés, Ides hommes et des femmes à la chanson, c'est aborder ses dimensions aussi bien historiques que psychiques, qu'anthropologiques ou philosophiques.

C'est dans cet esprit d'approches croisées que se dérouleront les débats autour du texte, de la musique et de la voix.

Au fil de ces journées, nous traverserons les thèmes suivants :

> le genre réaliste, ses origines, ses frontières,
> texte, musique et poésie,
> chansons de travail, chansons militantes,
> la chanson réaliste féminine,
> travail du chant et de la scène,
> voix, chants et mythes.

Ponctuation d'archives sonores, de chants, d'ateliers-voix sur le timbre de la chanson réaliste, ainsi qu'un récital de Françoise Kucheida, accompagneront les échanges. . .
 
photo de jr 2006
 

En mars 2012, Joëlle-Andrée Deniot synthétise dans une œuvre majeure Edith Piaf La Voix le Geste l'Icone Esquisse anthropologique, 15 ans de ses travaux fondateurs  et a choisi l'écrin d'un livre d'art en demandant à une artiste plasticienne d'illustrer 40 % de son corpus iconique Mireille Petit-Choubrac.

Chanson réaliste, chanson française par Joëlle Deniot Professeur de sociologie à l'Université de Nantes - Habiter-Pips,  EA 4287 - Université de Picardie Jules Verne - Amiens Membre nommée du CNUEncre de Mireille Petit-Choubrac

à l 'occasion du prelude au cinquantenaire de la mort d edith piaf (2013) que constitue la sortie du livre de J-A Deniot, Edith Piaf, La voix le geste l icone, Esquisse anthropologique. Editions Lelivredart PAris

Cliquez sur l'image pour accéder au film sur Youtube Joëlle Deniot. Edith PIAF. La voix, le geste, l'icône. de ambrosiette (Jean Luc Giraud sur une prise de vue de Léonard Delmaire

 

 



Chansons de femmes : voix tragiques

Par
Joëlle DENIOT, sociologue, Université de Nantes

La coco, À la dérive, Sous les ponts, Les Naufragés...
ivresse d'un chant d'abîme et de nuit. Même si les chanteurs abordèrent mélodies et thèmes réalistes, ceux-ci furent pourtant essentiellement portés, à la postérité, par des femmes si l'on se réfère à la première moitié du XX siècle, période où cet univers musical atteint son apogée avant de connaître son déclin.

Prenant appui sur les grandes figures archétypales de Fréhel, de Damia et de Piaf, nous nous attacherons à découvrir les significations, les raisons de cette correspondance entre féminité ou féminitude de la voix et chansons de la plainte. Il ne s'agit pas d'un simple renvoi au statut dominé des femmes dans l'ordre social en place. Car si la chanson est parole, si elle est représentation, nous posons qu'elle est d'abord souffle, voix, visage, qu'elle renvoie à cet autre continent du langage et du corps dont ces femmes, ces trois « Black Ladies », se sont faites interprètes inventives.

Créant un espace visuel et vocal original et une ritualité où s'accomplissent d'antiques sacrifices, elles offrent, en tonalités variables, ce tragique essentiel du corps, livré par la voix. Elles nous convoquent à une liturgie musicale du deuil et de la douleur, renouvelant, en une version féminine moderne, le tragique « comme catharsis esthétique de la tristesse ».

Portée par l'élément héroïsé de la voix, mise en scène avec des couleurs crépusculaires, des gestuelles parfois dramatiques, cette esthétique de l'interprétation tantôt épique, tantôt romanesque, si elle s'opère sous les modes du féminin, s'opère également sous les modes d'une féminité ambiguë, souvent même androgyne. Autant dire que, par bien des façons, cette esthétique du pleur est transgressive. C'est en cette sorte d'excès baroque de « l'âme et du corps » que nous définissons cette chansons féminine réaliste, mêlant le prosaïque et le sublime, le tragique et le comique, la légèreté et la passion extasiée.

Voix sans-nom, s'il en est, parmi tous les anonymes de la rue et de la foule, Fréhel, Damia, Piaf, sont devenues des voix-cultes... saturniennes, nostalgiques qui ont dansé sur un fil invisible entre ombre et lumière, entre vie et mort.

Mais que ce soit sur les grandes scènes lyriques ou dans le cadre de la chanson populaire, cette proximité féminine du chanter et du mourir, est récurrente. C'est dire que se pose là une question anthropologique forte et que derrière la sociologie de la chanson, se dessine le chantier d'une archéologie, d'une mythologie du cri.
 

La veine réaliste dans la culture populaire

Par Claude JAVEAU,
Professeur de sociologie, Université Libre de Bruxelles

Si l'on entend par « culture » l'ensemble des « représentations » que se propose un groupe de son rapport collectif au monde, il existe dans la culture du « peuple » (sommairement définie ici par son inscription primordiale au « local », par opposition aux couches sociales qui se réfèrent à « l'universel ») une composante réaliste, à la fois issue d'elle et revenue vers elle par systèmes d'enculturation interposés, qui traduit (a) la proximité plus grande du peuple de la « nature » ; (b) la précarité de la condition populaire ; (c) la résignation populaire face à un destin incontrôlable ; (d) la revendication du droit à un destin individuel, fut-il tragique, face à la frivolité des classes possédantes.


Essai de définition de la chanson réaliste

Par
René BAUDELAIRE, Docteur es Lettres

Chanson narrative, qui raconte une histoire, dramatique, sombre, généralement une histoire d'amour malheureux : la Femme est perdante car l'Homme s'est lassé d'elle (Pars, Elle fréquentait la rue Pigalle...), quelques fois, exceptionnellement, c'est l'Homme (Johnny Palmer, Le Petit Monsieur Triste, Milord). La fin malheureuse de l'histoire d'amour peut être aussi due aux circonstances (Mon Légionnaire est tué au combat, le marin dans Escale fait naufrage...) Autres sujets : la Guerre (La garde de nuit sur l'Yser, le fanion de la Légion), la jalousie qui mène à la folie (La mauvaise prière), le mystère de l'au-delà (Les Goélands)...

Les personnages : des errants, qui n'ont pas eu de chance, dont on ne sait rien, ni le nom, ni l'origine (Mon Légionnaire, Escale, L'Étranger...) Archétypes : le soldat de la Légion, le Marin, La Fille du Trottoir. Le décor : un lieu triste (le quai d'un port, un train dans la nuit, la rue... Le style de la chanson réaliste tend à reproduire le style parlé (élision des "e", suppression des "ne"...) Il faut une symbiose entre le parolier et le compositeur. Enfin, il faut des interprètes, des chanteuses réalistes, pas de chanteurs réalistes... Pourquoi ?


Réalisme et naturalisme dans les chansons du caf' conc'

Par Andréa OBERHUBER, Institut für Romanistik, Université d'Innsbruck


La seconde moitié du
XIXe siècle voit l'arrivée puis l'apogée d'un nouveau type de café chantant, à savoir le café-concert qui assurera, jusqu'à l'invention du cinéma, son emprise sur le spectacle populaire à Paris et en province (c'est autour du caf'cone', lieu de divertissement par excellence pour différents milieux sociaux et miroir d'une société en plein bouleversemen/natu-ralisme dans les chant, que nous organiserons nos réflexions sur le réalismesons de cette époque).

L'une des figures phare de la Belle Époque et pionnière du style caf' cone' fut la très célèbre Yvette Guilbert, suivie entre autres de Rosé Bordas, Eugénie Buffet, Anna Judi et Esther Lekain côté femmes, de Frédéric Doria, Joseph Kelm et Paulos côté hommes. La question est de savoir si la diseuse fin de siècle dont on connaît l'admiration pour Zola est un reflet du mouvement littéraire ou bien, dans quelle mesure elle se place à l'avant-garde du genre réaliste des années 30-40 de notre siècle.


Le travail d'interprétation

Par
Patrick VALÉRIAN, chanteur et écrivain

La chanson réaliste se présente sous des formes multiples tout au long de son histoire. Comme tous les autres genres, elle s'est en effet adaptée aux modifications de son environnement et aux types de médiations qui l'ont éloignée de sa raison d'être et de ses lieux de performance originels. Nous nous proposons d'énumérer les caractères de l'interprétation réaliste, en nous basant sur les rapports qu'elle établit entre le texte, la musique et la scène. Nous essaierons de montrer dans un second temps comment et dans quelle mesure les changements sociaux et historiques ont remis en cause notre modèle initial.

De l'observation à la contestation : les avatars du genre réaliste

Par
Serge DlLLAZ, historien, collaborateur à la revue Chorus

Fomenteur des phantasmes les plus divers, le réalisme chansonnier a souvent transgressé l'interdit social. Grâce à son pouvoir d'évocation, l'humanité a pu ainsi entretenir la flamme de la révolte au-delà de la désespérance du quotidien. En l'inscrivant dans la théâtralité, ses interprètes Font aujourd'hui hissé au rang de mythe.

De la Goualante au Musette : origines et cousinages

Par
Chantal BRUNSCHWIG-GRIMM musicologue et chanteuse

La chanson dite réaliste est la dernière étape d'un genre qui semble apparaître dès le XVI siècle, comme un cas particulier de la complainte, et qui s'épanouit à la fin du XIX siècle avec la goualante, métissage de la complainte de la tradition orale par l'argot des affranchis des faubourgs. Le génie synthétiseur et commerçant du genre au cabaret est Aristide Bruant.

Le genre se développe alors en scène par le café-concert avec le personnage de la « Pierreuse » dont la plus célèbre est Eugénie Buffet. La pierreuse, chanteuse des rues prostituée des bas-quartiers, est l'ancêtre de toutes les grandes dames en noir de la chanson française : de Damia, première vedette consacrée « tragédienne de la chanson », à Edith Piaf.

Au Music-Hall, l'orchestre se développe en même temps que le style « chanson vécue » qui emprunte moins à l'univers de la pègre qu'à celui du drame où l'on retrouve le beau langage, les grandes mélodies et les grandes voix appréciées autrefois dans les salons.

C'est l'accordéon-musette qui rend la chanson réaliste à ses quartiers, c'est-à-dire en l'occurrence, à la guinguette où l'on danse. Le bal musette est le nom donné au bal auvergnat à la cornemuse. Selon la légende, c'est la rencontre d'un accordéoniste italien et de son futur beau-père cornemuseux rue de Lappe, qui est à l'origine de la valse musette et de la java.

C'est Fréhel qui, la première, se fera accompagner par l'accordéon et ses danses. Entré en chanson, celui-ci n'en sortira plus jamais dans la mémoire populaire, quels que soient ensuite les ava-tas du genre. Celui-ci commence à se marier à la poésie du cabaret avant la guerre sous l'influence de Kurt Weil. Ce courant s'épanouit à la Libération avec de grands auteurs-compositeurs comme Francis Lemarque, Ferré, Mouloudji ou Jean-Roger Caussimon et continue aujourd'hui d'imprégner en filigrane toute une partie de la chanson française.


Peut-on parler d'une musique réaliste ou d'un réalisme musical dans la chanson française des années 20 à nos jours ?

Par
Mireille COLLlGNON, musicologue, Université de Paris IV-Sorbonne nouvelle

Mais d'abord, qu'est-ce que la chanson réaliste ? Après avoir recensé les éléments qui la caractérisent après la première guerre mondiale, après l'avoir situé par rapport à l'évolution de la chanson, on verra dans quelle mesure ces données musicales peuvent nous aider à la définir :

en dégageant les particularités et conventions musicales qui en dessinent les contours,
en étudiant la spécificité des rapports qu'elle implique entre le rôle de l'auteur, du compositeur et de l'interprète.
On tentera enfin, en questionnant d'un point de vue musicologique les circonstances de son déclin (dans les années 50) et de son récent renouveau, de renvoyer, comme le reflet à l'image, la chanson réaliste au contexte socioculturel qui lui enlève ou lui redonne sa raison d'être.


Chanson : une diffusion difficile

Par
Pascale BIGOT, journaliste, chargée du pôle régional chanson à l'A.R.I.A.M. d'Ile de France

Le caractère vivant et populaire de la chanson, paradoxalement, est aujourd'hui un obstacle à son existence. Pour roder son art, un débutant peine à trouver petits lieux et premières parties. Le public ne se conquiert plus par la scène, patiemment, mais d'un seul coup, à grand renfort de matraquage radiophonique et de ventes de disques. Car la chanson dépend de plus en plus du système industriel : hors rentabilité immédiate, point de salut. Ainsi une consensuelle frilosité semble-t-elle anesthésier médias et maisons de disques : plus un artiste est original, émeut et dérange, moins il a de chances de se faire entendre.




Complainte traditionnelle et sublimation du deuil

Par
François-Xavier VRAIT, Art thérapeuthe, Institut de musicothérapie de Nantes, chargé d'enseignement à l'Université de Paris-V René Descartes

Dans le répertoire de la chanson traditionnelle, se trouve un nombre important de récits chantés décrivant, parfois avec minutie et force détails, un drame individuel (viol, assassinat...), un événement familial douloureux (séparation, enfanticide...), ou encore le destin tragique d'un village (naufrage, épidémie...).

Ces thèmes éminemment réalistes entrent dans la catégorie de la complainte. Au-delà de la classique transmission de mémoire, la question se pose de la fonction psychosociale de ces chansons du drame, du désespoir et de la mort. L'importance de ce type de complaintes en Bretagne (dont on connaît la proximité de la mort dans les représentations mentales et la mythologie) permet d'ouvrir à des effets de compréhension, du côté de la sublimation du deuil, tant pour l'individu et son rapport à sa propre disparition, que pour un peuple confronté à de multiples perspectives acculturatives.


Vas, tu n'es qu'un ouvrier. Qu'un rien qui vaîlle, Trâvâ-â-yee

Par
Roger CORNU, sociologue, CNRS-Université de Provence

Dès que l'on prononce les mots « chanson réaliste », il semble que cela soit immédiatement compris et la réponse s'appuiera sur des noms de chanteurs et de chanteuses. Tout se passe comme si la chanson réaliste était une chanson chantée par des chanteuses (leurs) réalistes, l'interprète déterminant la classification.

Je suis parti d'une autre entrée, en me demandant ce que la chanson réaliste avait à dire du travail, des métiers et de la condition ouvrière, et comment elle le disait. En parlait-elle autrement que la chanson de métier, la complainte, la chanson naturaliste, la chanson sociale, la romance, ou la chanson vécue ? Cette interrogation la fait apparaître comme une révolte contre le travail aliénant et l'oppression de la vie quotidienne, comme une reconnaissance de la solidarité nécessaire dans le malheur, comme une revendication du droit au bonheur individuel et un appel à ne pas laisser passer sa chance en devenant acteur conscient de son propre destin.

À partir de ce constat, l'univers de la chanson réaliste et celui des interprètes réalistes ne se recoupent pas nécessairement.

 

Les interprètes réalistes féminines

Par Catherine DUTHEIL  sociologue, Maître de Conférence à l'Université de Nantes

Plus que Fréhel, qui dans son jeu de scène est sans façon, plus "nature", plus "terrienne", et nourrit son chant d'un contact fusionnel avec son public...Damia est la vraie créatrice de cette ritualité neuve que Piaf portera à son acmé.

Chacune à leur manière elles ouvrent l'espace imaginaire, le découpent, l'ordonnent, le créent à partir de rien, avec une extrême économie de moyens. Chez Damia et Piaf surtout, le mouvement est stylisé, épuré. Il est toute tension de sens esthétique, débordant sans cesse le verbe, le sens donné par les paroles de la chanson, rejoignant la scansion, la mélodie...



Être près du chœur et chanter, loin des tranchées, est-ce sûr ou réaliste ?

Par
Christian VOGELS, sociologue, Université de Nantes

Les conflits internationaux favorisent la production de chansons qui se veulent « réalistes » au regard de la situation de conflit. Partant de chansons de la guerre de 14-18 et de cartes postales de la même époque, on tente de distinguer ce qui fait le réalisme de ces textes.

La réalité sociologique et historique fait que, chansons et photos sont plutôt des mises en scène d'un pseudo-réel nommé « réalisme », que des chansons réalistes. Dès lors, dans ce contexte, le réalisme apparaît plus comme une construction chargée de présupposés idéologiques plutôt qu'un choix esthétique formel.

Perspectives didactiques : la chanson dite réaliste peut-elle être un -facteur de sensibilisation à la diversité des styles en musique et en poésie ?

Par
Daniel BRIOLET, Professeur émérite de littérature française à l'Université de Nantes et directeur de la Maison de la Poésie de Nantes

Enseigner la littérature ou la musique, et à cette occasion, réserver une place particulière à la poésie, périodiquement apparentée à toutes deux dans l'imaginaire individuel ou collectif, c'est mettre l'élève dans une situation d'apprentissage mobilisant conjointement ses capacités d'émotion, de découverte et de réflexion.

À première vue, le style dit « réaliste » permet de faire appel à l'expérience vécue ou aux représentations quotidiennes de l'enseigné. Mais, l'accélération des transformations historiques qu'elles subissent ne cesse d'accroître en elles la part de l'éphémère : le texte et l'harmonisation de la « chanson réaliste » du moment courent fort vite le risque de passer pour lettre morte et rengaine « déréalisées ».

Une didactique en mouvement permanent doit donc être inventée, qui aide à prendre conscience des causes de « l'effet du réel » produit par toute forme de réalisme artistique ou littéraire. Celui-ci s'offre à découvrir comme convention stylistique parmi d'autres, privilégiée par une idéologie souvent dominante depuis le milieu du siècle dernier. Seule la connaissance des ressorts de « l'illusion référentielle » permet à l'imaginaire de libérer une pluralité virtuelle de points de vue : réaliste ou non, toute chanson se donne d'abord à percevoir comme chanson poétique, et toute mélodie ou air fredonné comme mode d'appréhension singulier d'une réalité en train de se construire. La chanson passant pour « réaliste » devient ainsi un révélateur provisoire mais sans égal des implications réciproques du poétique et du réel en tout acte de perception esthétique.


Chanter en travaillant

Par
Phanette de BONNAULT-CORNU, sociologue

Un savetier chantait du matin jusqu'au soir, dit la fable, la simplicité de la vie (et la pauvreté !) lui donnant cette joie. Cependant ce savetier travaille et chante seul. De nombreux récits autobiographiques montrent que le chant au travail a été dans beaucoup de métiers où la force humaine était la principale source d'énergie, un chant de travail, c'est-à-dire un instrument pour le travail, un moyen de coordonner les énergies dans l'action et de soutenir l'effort physique dans la durée et l'intensité.

La marine à voile (pêche et marine marchande) est un des secteurs d'activité dans lesquels ces types de chants ont été les plus structurés en raison des nombreuses manœuvres à effectuer en groupe. La notion même de chant plutôt que de chanson correspond bien à cette réalité, dans la mesure où ce sont avant tout des sons de voix scandés, marquant des rythmes, les paroles simplifiées ne servant qu'à mémoriser le rythme. Pourtant dans d'autres secteurs d'activités, les chansons (elles sont très variées) chantées collectivement, servaient surtout à supporter la durée excessive du travail, à tenir le coup.

Chants de travail, chansons de métiers, constituent deux types différents de chansons par leur contenu musical et textuel, par leur utilisation ; même si les secondes sont parfois chantées dans le cadre du travail, elles servent plutôt à réaffirmer l'appartenance au groupe professionnel. Ces chansons de métiers, à travers souvent les thèmes de l'amour et de la femme, parlent des conditions sociales du métier. On pourrait les définir comme « réalistes ».

Reste encore que dans différents métiers, les artisans, les compagnons, individuellement ou collectivement, avaient l'habitude, le goût, le loisir... ? de chanter en travaillant, et leur répertoire était très varié.


La chanson et les sciences humaines : comparaisons entre deux manières de prendre la parole sur la place, publique

Par
Laurent MARTY, historien et anthropologue Lecture de sa communication, M. Marty ne pouvant assister au colloque.

Chanson réaliste : un oxymore

Par
Jean-Marc SAINERO, Université de Paris III Censier

Cette étude portera principalement sur trois chansons de Georges Brassens, choisies sur le plus large éventail chronologique possible : Bonhomme, La Route des quatre chansons, Honte à qui peut chanter. Nous constaterons, en les écoutant toutes trois que Brassens revendique de façon toujours plus violente l'indépendance de la chanson par rapport au réel. Tout se passe comme si le chanteur, incompris sur ce point par un public qui le voulait avant tout anarchiste et libertaire, avait ressenti le besoin croissant d'exprimer l'idée qu'il fallait séparer la chanson du monde réel.

Notre travail de « canto logue » consistera à dégager les enjeux esthétiques de cette revendication, afin de mieux comprendre et de mieux faire comprendre le sens et les charmes de l'art de Brassens.

En creux-Vian : air d'humour et lieu noir pour une note bleue

Par
Stéphane HIRSCHI, Institut de Lettres, Langues et Arts, Université de Valenciennes

Quels que soient les genres abordés par Vian, on y constate le même humour noir révélateur d'une fêlure : le lyrisme de cette note bleue caractéristique du blues. Un lyrisme né d'un sentiment d'urgence, de l'omniprésence d'un sentiment de temps compté, caractéristique propre du genre chanson, mais qui irrigue aussi, comme en creux, l'écriture de Boris du tragique apparemment naïf de L'écume des jours à la violence crue de J'irai cracher sur vos tombes, en passant par les poèmes et les chansons, qu'elles sonnent militantes ou pochades, et jusqu'au pamphlet En avant la zizique. Une même amertume douloureuse sur un air plein d'allant. Goguenardise et bravade comme autant de pieds de nez à la Camarde.

Un pied déjà dans la tombe, un pied dans la chanson, une main à la plume et l'autre près du micro. Vian s'inscrit donc au cœur d'un possible « réalisme », dont l'essence réside peut-être dans sa position frontalière, à la fois dans la chanson et hors d'elle.

Du tragique à la joie : le chant au cœur de la culture flamenca

Par
Eve BRENEL, sociologue, Université de Besançon

Couramment assimilée à une danse, le flamenco, art gitan-andalou, est en réalité constitué par l'intime combinaison du chant, de la danse et de la guitare. À l'origine, il s'agissait même essentiellement d'un chant.

Art populaire (au sens de création et expression du peuple), le flamenco se pratique et se vit dans deux cadres différents : d'une part celui, privé, des réunions intimes (familiales, de quartier, de village, entre aficionados,...) et d'autre part celui, public, de la scène (comme pratique professionnelle).

Dans le contexte privé des réunions et fêtes intimes, nous verrons comment peut se « lire », au-delà de la musique (au sens large), une véritable culture. C'est cette culture flamenca, avec ses normes et valeurs propres, que nous nous attacherons à présenter. Nous nous interrogerons également sur la place privilégiée qu'y occupe le chant, envisagé comme support d'identité culturelle (gitane et andalouse).


 

Vous pouvez consulter

les thèmes et les programmes de nos manifestations

à Nantes ou ailleurs

dans le cadre du lestamp

 merci de vous adresser

à

joelle.deniot@wanadoo.fr

 

Une voix

 

Lisez l'article de J A Deniot

dans le catalogue

de

l'Exposition PIAF

Joëlle Deniot in Joël Huthwohl Piaf BNF 2015

Édith Piaf Catalogue BNF 2015

 

à l'occasion du Centenaire de sa naissance

 

par la

 

Bibliothèque Nationale de France

 François Mitterrand

 

13 avril 23 août 2015)

 

et dans ce site, son envol et sa chute

(cliquer sur Une voix)
 




 

 




 
 
 


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