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OUI, vous y êtes ! Au Centre du Monde? Au moins des terres émergées !
La seule
ville où peut
arriver quelque chose
qui en vaille la peine
?
Le
fantasme surréaliste
est-il si sur-réel ?
Tout
est déjà arrivé.
Le
port de ces Namnètes,
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L'image la plus refoulée de Nantes la dépopularisée, prude
dévote de
l'Etat culturel Langien. Une femme du temps du
peuple urbain ouvrier et marin, le poing tendu au dessus de son fils
beau, jeune et nu,
et maudissant la mer. (Tous droits réservés J Réault) A
découvrir dans un parc à l'ouest de la statue de Sainte Anne au
dessus d'un escalier d'Odessa.
"Ici, toutes les filles s'appellent Anne", une sainte à la mode
de Barzaz breiz dont Nantes est et n'est pas. |
Le
port de ces Namnètes,
sourds, semble-t-il, à l’appel de Vercingétorix, sera l’ ultime appendice de l’Empire Romain d‘Occident dans le royaume du dernier soldat, Syagrius. Puis simple marche franque il faillit rester normand après un beau massacre dans la cathédrale et ne devint capitale qu’en second dans un Etat breton
sans volonté de vivre.
De ses ducs il garde une citadelle qui se mue à la veille de l ‘effacement en un palais gothique, une cathédrale de pur style français et, par la piété filiale de l’ultime duchesse, Anne, une merveille de la Renaissance, ce tombeau de François II qui pour l‘Histoire devint celui de la Bretagne indépendante.
D’entrée, dans le Nonsense, Nantes fanatique et liguarde surgit en Histoire- de- France et dans les temps modernes, marraine à la mode de Bretagne de l’Edit de Tolérance d’Henri IV. Elle ne tolérera, forcée par Bonaparte, un temple protestant que l‘An Treize de la Liberté, un sept pluviôse ! Fouché, l’oratorien régicide son plus célèbre enfant et le plus dénié, veillait ironique.., de Paris.
Ville de toutes les confluences, de l’Erdre splendeur à parcourir tel Antoine sur le Nil, et de la Sèvre industrieuse, avec le lacis vénitien de bras et d’îles de la Loire, que les tyrannies, triomphante de l'utilité et naissante de l’automobile, firent combler. Site du dernier pont sur le plus beau mais le plus inutile des fleuves, oublieuse des Ponts de Cé, Nantes reste un courant d’air culturel. Au contact des pôles breton, angevin, vendéen. Rien d’une capitale. Elle n’a pas "sa" région. Elle ne condense aucun pays, sauf à la réduire au vignoble de son muscadet, l’exception de son mépris millénaire pour la campagne et ses peuples. Aux yeux du géographe, Nantes est une porte. Porte plus souvent ouverte que fermée. Porte de trois Cultures entre elles et de chacune sur le monde atlantique.
Pas étonnant que l’ Histoire y ait souvent attrapé le tournis !
C’est dans sa fonction de comptoir sur l’un des points du triangle de la mort et de l’or que la Traite tisse avec l’Afrique et les Antilles, que Nantes flamboie au premier rang, le port même de la France des Lumières. Les hôtels baroques et composites de l’île Feydeau, les folies suburbaines et, legs ultimes de la splendeur négociante, le théâtre Graslin, la cité jardin du Cours Cambronne, l’axe du luxe citadin de la Rue Crébillon, expriment le primat du tropisme de la mer et du fleuve contre l’ancrage à l’Est des sévères façades classiques de l’aristocratie terrienne autour de l’Oratoire, hors la Porte Saint Pierre, sur la Terre Sainte gallo-romaine des deux martyrs.
C’est pourtant la culture bornée, le malthusianisme économique de la Rente foncière, son mode de vie nostalgique qui l’emportent durablement en 1815. Fils de famille exsangue de ses frénétiques liaisons aux trois sanglantes sœurs, Traite Terreur Guerre, Nantes traîne dans son mal du siècle quelque chose des langueurs créoles.
Ce qui a pu briser l‘élan des Capitaines ? La Guerre, Terreur civile et militaire victoire des nègres de Saint Domingue interminable blocus, ou la Paix et ses deuils quand au retour de Waterloo les canons du Droit nouveau et de l’Anglais désespèrent le négrier, quand, la Traite abolie ,armateurs et marchands quittent la scène dépités.
Ces aventuriers amateurs de gros coups risqués n’ont pas la fibre d’entrepreneurs rationnels. L’industrialisation comme le négoce d’Ancien Régime doit beaucoup à des étrangers, à d’apatrides huguenots. On mécanise les travaux induits par la tradition maritime plus qu’on ne crée un système productif autonome. Nul grand brasseur d’affaires n’eut assez large vue pour fonder de ces banques qui conquièrent des régions sinon des empires. C’est Nantes qui fut lentement conquise mais par un Capital parisien. Un certain immobilisme, une sainte méfiance des immobilisations industrielles se paient de révoltes du peuple, de la trompeuse assistance de l’Etat, de la faible légitimité de Maîtres qui ne maîtrisent pas.
N’y a-t-il que dérision et nostalgie dans ce dix-neuvième siècle nantais ? Il s’obstine a traquer l’esclave rebaptisé, cultive paisible retraité de la Course et du Long cours son jardin colonial, tente ubuesque, et d’arrêter le temps et de barrer le rail au bâtard nazairien... et pourtant il invente, superbement avec le Passage Pommeraye, et ses nuits de Delvaux, une sorte de rêve fait pierres statues et escaliers.
Du Vingtième siècle, une tour Eiffel, autre, prolétarienne, horizontale, ce pont Transbordeur, aurait pu survivre, il n’est plus.
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une Tour Eiffel prolétarienne horizontale
le refoulement dans la nuit de Nantes industrieuse |
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Sa condamnation n'annonçait-elle pas celle du chantier naval dont il était l'infatigable pourvoyeur et le refoulement dans la nuit de Nantes industrieuse ? De ce temps de la fin des navires, restera-t-il d’autre acte de beauté avec la Médiathèque de la Fosse, que son tardif repentir : ce legs réinventé de Carmen et du cheval-vapeur, la Manufacture de Tabacs, sauvé in extremis du délire autoroutier des édiles d’avant la Crise ? Puis ce sera le temps des friches chic et de coques d'usines kitch du règne du culturel unique des "médiateurs", repoussant avec les producteur, l'authenticité, avec la mémoire honnie, la culture même aux multiples et transmises pensées référées selon la trinité désespérée de Georges Steiner, aux "classiques (à) la figure du maître, au par cœur". |
SI NANTES est en quelque façon une capitale, c’est - ce fut ? cela perdure dans le fanatisme culturel actuel - celle de l’affrontement idéologique polaire, du face à face des mythes politiques et sociaux. Ces six signifiants fous Mil sept cent quatre vingt treize, d'une numérologie hugolienne de la Révolution résument tout - même s’il ne reste d'elle, hors le non-être de la guillotine place du Bouffay, indirectement, que la colonne Louis XVI -, au sein d’une ville qui dégarnie de troupes régulières, fit front à l’océan des piques vendéennes et, aux dires de Napoléon l’orfèvre, qui la visita, sauve la Révolution. D’entrée s’exprime cette capacité au paroxysme, du drame comme du sociodrame, avec les Noyades et surtout les Colonnes infernales contre une Vendée sauvage mais déjà vaincue. Beaucoup de modernité, -celle des génocides contemporains ? -dans cette autre face de la culture distinguée des maîtres des folies, la répression négrière retournée contre les brigands.
Désormais toute identification devra passer par là. Bleu/Blanc, peu de place donc pour le Rouge. Cléricaux/Laïques même en plein vingtième siècle, du Front Populaire aux Municipales régressives de Mars 1983. Fidèles enracinés d’une école indigène, enclos dans leur bocage mental, contre Missionnaires de la République des Abstractions Planétaires.
Le Socialisme émerge tard et imparfaitement du républicanisme de défense face à la Vendée mythique. Des immigrés parlant celte rejetés de leurs villages bretons durs à la pauvreté dans les marges portuaires du "bas" Chantenay, l’accueillent plus sûrement que le peuple urbain mal dégagé des classes dangereuses.
C’est de ces peuples - aujourd’hui dissous dans les rénovations urbaines, acculturés dans l’accès à la vie moyenne, puis dispersé dans les périphéries-, qu’est venu, peut-être, la légitimité de cette "action directe" resurgie dans l’alliance des ouvriers autonomes de la Navale et des chouans, mal dépaysannés, de l’écharpe armoricaine. Le Mouvement ouvrier moderne est lui aussi une confluence. Au centre de son continent d’Ouest la C.F.D.T., la C.G.T. en terre de mission, F.O. même, championne très laïque de l’individualisme parcellaire, ont ici d’incomparables enracinements condamnant à l’échec toute hégémonie autoritaire. Reste, parce qu’ inassouvissable ,une passion d’Unité.
Ces libres travailleurs séparés plus nostalgiques des communions d’un jour aux saveurs festives qu’épris d’une fin communautaire de l’histoire, plus tentés par la prise immédiate - même s’il ne s’agit que d’un territoire domestique - que par la conquête d’un Etat, révolutionnaires vaincus de 1848, révoltés victorieux de 1955, célébrants très pacifiés de la Fête de 68, ils semblaient consubstantiels à la ville moderne. Mais qui seront demain les producteurs d’histoire puisqu’après les voiliers les usines s’en vont ?
D’ouvriers Nantes- sans retour ? - se vide. Trente cinq encore sur cent actifs en 1968, ils restent trente trois en 1975 mais Vingt huit en 1983. Chassés vers les confins de l’agglomération, atomisés par le chômage ? Sans doute ! mais intégrés aussi à ces moyennes couches salariées improbables héritières des flamboyants excès...
Reste l’excès d’écrire et le tournis des villes.
...et si c’est le trop plein d’histoire qui ennuie, restera la montée à la butte Sainte Anne. Le vent seul y souffle encore breton dans le cri marin mouettes. Par delà les navires et les ponts vous pourrez voir parmi les premiers toits de tuile de l’Aquitaine antique, la cité radieuse à Rezé ou toujours changeant aussi, superbe et flamboyant aux soirs d'après la pluie, le ciel.
Jacky Réault
Juin 1983 La Tribune** 1987 (Lersco Philographie), 2010
* Leslie Kaplan, L’Excès l'usine.
** Sauf de légers ajouts de 2010, ce texte est la version développée, pour l’édition de Lersco, Philographies, Mélanges offerts à Michel Verret (ACL Crocus Saint Sébastien 1988) d’un texte plus court écrit pour l’accueil des congressistes de la Société d’Ethnologie française et de la Société Française de Sociologie. Colloque Les cultures populaires, 9 au 11 juin 1983 Nantes et publié dans l'hebdomadaire Tribune de Loire Atlantique Directeur Daniel Garnier
Bibliographie cavalière et PROVISOIRE 2010
APTEL Claire, BIOTTEAU Nathalie, RICHARD Marie, SANTROT Jacques, Thomas Dobrée 1810-1895 Un homme un musée. Somogy Editions d'art 1997
BOIS Paul, (sous la direction de) Histoire de Nantes Privat 1977
CHAUVET Alain, Porte nantaise et isolat choletais Essai de géographie régionale. Hérault-Editions 1987
CROIX Alain (Dir.) Du sentiment de l'histoire dans une ville d'eau Nantes. Nantes-Histoire/ 1991 Thonon-les-Bains. Edition de l'Albaron
CROIX Alain (Dir.) Nantes dans l'histoire de France Nantes-Histoire/ 1991 Nantes. Ouest Edition
DENIOT Joëlle, Usine et coopération ouvrière Métiers syndicalisation et conflits aux Batignolles. 1983 Anthropos Paris.
GARAT Isabelle, POTTIER Patrick, GUINEBRETEAU Thierry, JOUSSEAUME Valérie, MADORE François. Nantes De la belle endormie au nouvel Eden de l'Ouest.
LOCMANT Patrice et photograpies de Christian Leray, Nantes dans la littérature. Anthologie. Coiffard Editeur 2006
PETRE-GRENOUILLEAU Olivier, Nantes. Editions Palantine 2003
PETRE-GRENOUILLEAU Olivier, L'argent de la traite. Aubier Histoire
REAULT Jacky, L'usine des Batignolles, l'histoire d'une usine du 20° siècle : l'usine et la vie. In Changements social et culturel dans l'Ouest. Norois, Revue de l'Atlantique nord. Octobre-décembre 1981- De la Basse Loire au lieu unique, sublimation ou régression culturelle ? Colloque Friches industrielles et mémoire, Cefress Université de Picardie Jules Verne. Flixecourt Amiens Février 2007.
SOURCES
AYRAULT Jean-Marc, GRANDETt Magali, PAJOT Stéphane SAGOT-DUVAUROUX, Dominique, GUIBERT Gérôme, Illustrations : Pich, Nantes, la Belle éveillée, Le pari de la culture. Nantes 2010
BRUNSCHVICG Léon, Ephémérides nantaises, Centenaire de la Révolution, 1889 Nantes.
DOUART Georges, L'usine et l'homme Nantes pp 11 à 127, Paris Plon
lALLIE Alfred, Les sociétés populaires à Nantes pendant la Révolution. 1914 2° Edition revue et augmentée. Nantes Librairie Durance
LISLE (Vicomte de), Les fouetteuses des Couêts. Episode de la Révolution à Nantes. Nantes 1910 Librairie Durance
Pieyre de Mandiargues André, Le musée noir. Gallimard, Plon 10/18.
On trouvera avantage à lire la Revue de notables et d'universitaires plutôt retraités mais tous si soulagés de la fin des grands dissensus ouvriers/patrons républicain/monarchiste, clérical/laïc, Place Publique pour y voir apparaître, quoique de façon feutrée certains débats plus contemporains quoique la politique culturelle pièce maitresse de la stratégie estuarienne du maire (Jacky Réault, Colloque de Flixecourt UPJV CEFRESS 2007), n'y soit pas vraiment mise en cause.
Notes déjà la et surtout à venir
Ce texte volontairement elliptique offert à l'exégèse d'un public alors cultivé, les professeurs et chercheurs d'ethnologie et de sociologie et un lectorat de gauche que le Langisme n'avait encore ni déculturé ni mondialisé, sera proposé sur ce site avec des notes et un lexique qui se développeront au cours de l'année 2011. On n'hésitera pas à compléter, dans l'ultra contemporain ce qe ce texte ne pouvait déjà dire.
Bretagne
Pour mémoire, ce n’est qu’en 1532 que l’union personnelle entre les deux dynasties française et bretonne, est transformée en une annexion définitive que François Premier obtient très légalement des Etats de Bretagne. Le thème de Nantes en Bretagne est culturellement une imposture et politiquement une manifestation de l'ethnicisation des différences que l'ethnocentrisme allemand imprime à une partie de l'appareil européen. Nantes fut certes, mais difficilement et lentement annexée au duché qui au cours du Moyen-âge tend à devenir un quasi Etat moderne culturellement hétérogène mais centralisé, entre le 9° et le 11° siècle (Vr A Chédeville in A Croix Dir.1991),il est plaisant de constater que l'annexion réelle ne se fit qu'autant que les dirigeants du duché se francisaient et pas seulement par la langue et l'organisation religieuse. Selon, André Chédeville, Alain Fergent dès la fin du 11° siècle (1084-1112) est "vraisemblablement le dernier duc à avoir parlé couramment breton".
DUALISME OU DUALITE
Terre d'incertitude culturelle (et mentale ?) - les systèmes anthropologiques qui coexistent ( E Todd, L'invention de l'Europe. Seuil), par les trois (au moins) sources confluent, ont du aux 19° et 20° siècles induire une nécessaire schizoïdie pour faire quelque peu cité : On retient ici cependant un cas particulier, millénaire, le fétichisme du Deux, deux martyrs, deux saints patrons, deux capitales de la Bretagne, deux pôles sociaux ou culturels aptes à la guerre civile (16° 17° siècle, 1793-1984, la dernière grande fièvre de la laïcité, deux écoles etc...
Depuis la Nantes chrétienne que reconnaît comme dans tout l'empire l'Edit de Milan (313) de Constantin semble régner l'obsession d'un collège de deux dans les parrainages transcendantaux ou politiques, les frères Donatien et Rogatien, puis Saint-Pierre et Paul quand s'érige la tardive et sublime cathédrale au début des temps modernes. Face au pouvoir ducal breton, elle impose une sorte de dualité à Rennes même si, A Croix a raison de le souligner, il n'y eut jamais de véritable capitale. Mais ce dualisme symbolique recouvre une tendance à l'exclusivisme moniste notamment religieux, la ville de l'Edit est celle de l'intolérance jusque sous l'Empire...et nous n'insisterons pas sur l'Etat culturel contemporain, machine à exclure et à dualiser au tréfonds des âmes.... L'unique est donc l'obsessionnel mode de résolution pathologique
Friches chic ... de désindustrialisation désouvriérisation acculturation antagonique ( R Bastide) de la société, privée de sa culture-mémoire par le culturel nihiliste d'une oligarchie incrustée dans l'Etat culturel décentralise.
La bourgeoisie capitaliste classique avait, dès les années cinquante, freiné toute implantation industrielle qui dépendait d'elle sur fond de punition de la pugnacité de Nantes-Saint-Nazaire, capitales de la contestation sociale, rendant plus radicale la désindustrialisation de la ville entre la fin des Trente glorieuses et le sommet des Trente piteuses. La bourgeoisie du diplôme (bourgeois bohème) et de la régression de la culture en (industrie culturelle et animations devint le centre de décision social et politique sous l'habit du Langisme (voir sur ce concept J Bertin, conférence au Lestamp et Master Epic, Nantes 2006 sur www.master-culture.info ). Elle contribua aux décisions scellant le destin désindustriel (Le Pont à la place d'un tunnel barrant à Cheviré la Loire aux grands navires), et avançant très tôt le leurre du substitut culturel, à l'instar de la Lorraine sinistrée des Hauts fourneaux, de l'écomusée, de Roubaix allégée en bloc d'une séculaire industrie de la laine, etc.
C'est un constat bien amer que l'installation du centre du pouvoir du culturel branché dans l'ancienne usine LU, le bien nommé lieu unique (comme la pensée) toujours dérisoirement scène nationale, quoique la culture française y soit comme repoussée, à partir de 1999, et dans le fil du Festival des Allumées qui s'était pourtant terminée, face à la fierté et la résolution cubaines, en fiasco de la bien-pensance désymbolisante. La colonisation bobo de l'ex quartier des Ponts, qui fut jusqu'en 1990 aire populaire prolétarienne et ouvrière par excellence dut attendre la vaste opération d'économie culturelle et de géopolitique des ambitions du maire de Nantes, intitulée Estuaire. Il s'agit d'abord et essentiellement d'instaurer le pouvoir culturel de l'indéboulonnable maître du Lieu Unique, jusqu'à l'agglomération nazairienne, et ainsi pré-dessiner une empire politique nantais, au risque d'une Europe des régions et à condition de tenir en respect les nostalgiques opaques d'une Bretagne néo-ducale unifiée.
De l'Unique à l'île dans le souvenir enfoui du bis cuit
Jacky Réault, De la Basse Loire au lieu unique, sublimation ou régression culturelle ? Colloque Friches industrielles et mémoire, Cefress Université de Picardie Jules Verne. Flixecourt Amiens Février 2007.
On dirait qu'un malin génie dicte toujours aux acteurs de ce vaste projet politico-féodal, des formules qui sont des aveux : Celle de l'insularité ( par rapport à la société et au peuple?), celle de l'Unicité ( de la pensée), jusqu'à la réminiscence de la défunte biscuiterie, C'est dans ce cadre géopolitique à la fois très obstiné et très flouté, qui reste pour l'essentiel non dit, que l''ainsi nommée ile de Nantes est devenue l'injonction technocratique et cultureuse qui baptise désormais l'ancien lacis d'îles de l'ex-Venise de l'ouest. Les 14000 indigènes qui y survivent doivent désormais faire avec le tourisme de divertissement, l'habitat chic l'animation flan, l'étalage de l'oisiveté branchouille à l'aval de la Loire, entre "hangar à banane" et Fond régional d'Art contemporain. Subsistent encore aussi comme marqueurs de friche chic, outre la tour et les bâtiments de Lefèvre-Utile (dynastie éteinte de biscuitiers) l'immeuble de direction des ex Chantiers (pour les associations) et les rails de mise à l'eau des navires dans leurs pavés rongés d'herbe. Il nous plait à propos du Lieu Unique de rappeler opportunément l'ultime signifiant transféré avec les ruses joyeuses des langues naturelles. Spécialité nantaise, le biscuit, était l'aliment par excellence des équipages de la flotte nantaise en raison de son excellente conservation sinon de ses modestes attraits alimentaires.. Son mode opératoire se résume en son nom: deux fois cuit. Comment trouver meilleur emblème au programme culturel et à l'obstination immobilisée pendant 30 ans sur les mêmes poncifs et langues de bois qui ont régné dans les lieux, uniques peut-être, quoique planétairement très communs, mais effectivement Deux fois cuits.
Au destin ma passion j'oppose Jacques Bertin, Les noyés)
Le devenir du Lieu unique comme possible symptôme expérimental d'une politique culturelle très crument avancée comme celle, politique tout court, du pouvoir politique d'un seul parti et d'une poignée d'hommes sur les âmes nous révélera si les assujettis aux politiques culturelles peuvent être encore interpellés comme s'ils étaient encore les libres sujets d'un partage de l'excellence philosophique culturelle et artistique de l'héritage humain. Au destin ma passion j'oppose, et aucune histoire ne me paraîtra a priori adjugée du fait qu'elle n'est jamais écrite à l'avance. On suivra donc avec un esprit ouvert les actuelles mutations du milieu politico-culturel nantais et le changement de direction du Lieu unique restera un prisme privilégié d'observation.
Nous voulons, avait annoncé J M Ayrault, à propos de la succession de Jean Blaise, quelqu'un qui donne un nouvel élan et apporte des idées pour créer de nouvelles manifestations culturelles populaires L'élection d'un successeur tant attendu dans le milieu s'est déroulé le 29 octobre 2010 au profit de l'OVNI, Patrick Gyger, ex directeur de La Maison d'Ailleurs, en Suisse, le seul musée européen dédié à la science fiction et qui s'est illustré à Nantes autour des Utopiales et de la réactivation de la thématique Jules Verne (2008, l'Espace Jules Verne comme extension de la Maison de l'ailleurs. - Jules Verne, cet ouvrier des lettres à l'instar des ouvriers contemporains pensait mal, (Jérome Claudien) La mairie tente de le relooker depuis longtemps pour le transformer en mobilier consensuel de l'Etat culturel local- .Sa facticisation peut-elle signifier une ré orientation ? Qui va changer de planète suggèrent dans Ouest-France V Escolano et I Labarre ?
Mais un encart non signé précisait bien, avant le vote, que c'est lui ( Jean-Marc Ayrault) qui aura la dernier mot. La décision est très politique, on le sait le lieu unique a été un des outils phares de sa politique. Il le sera toujours plus à l'horizon 2012, avec l'année de la culture à Nantes.( Est ) attendue une personnalité qui devra être en cohérence avec la politique de la Ville et son prédécesseur. Cependant Jean Blaise à qui on donne en échange un empire sur le patrimoine (château Musée des Beaux Arts, etc. en plus de son parc d'attraction ilien et du tourisme, garde son bureau au L U ? Passé au développement culturel, touristique et international.il reste l'homme clé de cette dite politique culturelle, ce terrible fourvoiement issu des belles illusions d'André Malraux, qui abandonne la culture cultivée aux mains des maîtres de la politique cultureuse, c'est à dire de plus en plus des politiques locales d'un Etat nation désouverainisé, entre clientélismes nantais et Bruxelles,, d'autres diraient entre féodalisme et mondialisme ?
Peuple absent et oligarchies autoritaires.
Difficile de caser du populaire et encore moins du peuple dans cet écartèlement tragique ou sombre la liberté de l'esprit remplacée par la facticité si formatée des dits "créateurs". Le seul espoir est-il dans l'éclatement de cet Etat culturel unique national et local ?. Avant de partir en retraite P Mareschal Président du conseil général, et jusqu' auboutiste de "Nantes en Bretagne", ne vient-il pas de refuser la subvention à l'édition 2011 d'Estuaire, tandis que dans un débat poussif sur la Métropole, J Batteux et J. M. Ayrault finissent par avouer la visée annexionniste de Nantes, donc du second, sur Saint-Nazaire mais aussi les résistances qu'elle suscite.
Ouest-France sans boussole devant ces gênants aveux tente de devenir ou ira le vent dans un débat à situer entre le Concile d'amour (Panizza) et le jugement de Paris (JMA), entre les trois grâces réunies par prodige : le Celte de service (L'Expansion 2005), pour un art social, J Blaise pur affairiste du secteur culturel et créatif du traité de Lisbonne et l'ex anarchiste retraité de la Faculté de droit qui se souvient d'avoir écrit et enseigné et qui rêve d'un retour aux fondamentaux (au moins universitaires ?) de la culture ? Jean Blaise gardant au Lieu Unique son nouveau bureau de grand maître d'un patrimoine culturel ( Château, et son nouveau musée très orienté d'une histoire de Nantes quelque peu nombrillisée, Musée des Beaux-Arts...) également relooké au prisme de son tourisme estuairien "contemporain" et d'un secteur des industries culturelles et créatives fleuron du Traité de Lisbonne, augure sans doute mal de cette belle liberté ? uUdercontrol ? On le saura bientôt et en tout cas dans la programmation de 2011.
En ordre dispersé le chat, la belette et le petit lapin ?
Espérer des capacités autophagiques des oligarchies tenants de l'Etat culturel devenues levier idéologique d'une rampante néo-principauté féodale, ne dessine aucun programme et ne remettrait pas comme par miracle les grandes oeuvres de l'humanité et la fabuleuse et contradictoire richesse de l'héritage civilisationnel français, au centre d'une culture redevenant, de facto, plus populaire. Pour le reste c'est une affaire d'histoire en cours. Les dérélictions induites par la mondialisation ont au moins ceci de positif, qu'elles ouvrent des virtualités et permettent des jeux dans les mécaniques de pouvoir où pourraient se ré-engouffrer des libertés, de l'inédit en un mot, avec le retour des fondamentaux de la culture, et inséparablement, ainsi que dans l'Athènes de Périclès, le retour des peuples.
En cette aube de l'an Onze du millénaire, rien n'indique, entre l'Espagne, la Grèce, la Tunisie etc... qu'il y ait spécialement à désespérer même si dans cette crise de recentrage du monde et de la mondialisation induite par le centre américain, la résurgence de nécessaires sujets de l'histoire suppose le dépassement des identités négatives, et le retour de la souveraineté des peuples.
Pétré-Grenouilleau, L'historien qui dut imposer à un nouveau politiquement correct qui se fait volontiers censeur judiciaire, son histoire de la Traite, - notamment replacée dans son cadre mondial intégrant son pendant arabo-indien, qui perdura jusqu'au 20° siècl, a dirigé une histoire de Nantes dont le contenu synthétisé par le Prière d'insérer, est - toutes choses inégales évidemment - très proche, voire parfois à certains mots près, de notre petit essai déjà deux fois publié. Nous nous réservons un parcour critique lors de futures rédactions. Nous livrons in fine ce prière d'insérer.
Ponts-de-Cé Pourquoi les ponts de la Loire émeuvent-ils l'auteur au travers de tant de chansons ?La réponse est dans la question, celui de Nantes n'est-il pas celui du bal de la mère de la transgression et de la mort- beaucoup pour un pseudo "genre mineur" ! . Quant à la Loire tellement chantée n'est-elle toujours pas le fleuve sauvage par excellence celui donc des noyés, selon la sublime chanson de Jacques Bertin. C'est elle qui engloutit le prisonnier de l'autre chanson éponyme mais qui nous parle d'une prison qui ne peut-être que le Château lui-même.
Mais d'un seul il peut dire aussi et ton souvenir m'arrache le coeur, quand Jacques Bertin,(le seul journaliste qui ait accompagné en véritable critique la régression de la culture en culturel) chante Aragon.
Aragon 1940,
J'ai traversé les ponts de Cé. C'est là que tout a commencé.
Une chanson des temps passés parle d'un chevalier blessé,
d'une rose sur la chaussée et d'un corsage délacé.
Du château d'un duc insensé et des cygnes dans les fossés,
de la prairie où vient danser une éternelle fiancée.
Et j'ai bu comme un lait glacé le long lai des gloires faussés.
La Loire emporte mes pensées avec les voitures versées
et les armes désamorcées et les larmes mal effacées.
Oh ma France, oh ma délaissée. J'ai traversé les ponts de Cé.
Seghers. 1962 p.55. Les yeux d'Elsa.1942. Cette année là je suis né en terre française de colonisation allemande.
Protestantisme
REAULT Jacky, La communauté et l'église protestante à Nantes du rétablissement du culte public à la fin du second empire. DES, Diplôme d'Etudes Supérieures d'Histoire, Dir. J Meyer, Jury J Meyer, P Bois, J Bompaire (pour le mémoire secondaire d'histoire byzantine). Université de Nantes, décembre 1964. 320 pages et 100 pages) Bibliothèques d'Histoire, Bibliothèque municipale, Archives Départementales
Saint-Nazaire
Le dédoublement portuaire de Nantes en Saint-Nazaire que Nantes tente de contenir en s'opposant dérisoirement à la poursuite de la voie ferrée originelle comme indiqué dans notre texte, était-il adjugé dès les projets des frères Pereire sur cette ville puis la fondation des premiers chantiers de construction navale ? Pourquoi alors Bordeaux n'a t elle pas subi le même sort ? Certes la récupération tant de l'estuaire que du thème estuarien par la bourgeoisie culturelle nantaise socialiste puis virant au vert du début du 21° siècle constitue sans doute une revanche du port déchu mais l'industrie nazairienne qui elle perdure, et les ouvriers qu'elle engendre sans solution de continuité avec une culture de classe ouvrière historique et non idéologique parce que différenciée donc normative car vivante constituent un os redoutable pour cette assimilation malgré la soumission tendancielle de la mairie de Saint-Nazaire à la royauté estuarienne européenne de J Marc Ayrault rêvant peut-être, à l'instar d'un des auteurs de la revue très officieuse, Place Publique), d'une indépendance "fédérale" de ville franche telle Hambourg. ( J Réault, colloque de Flixecourt février 2007.
Sur ces étonnants ouvriers nazairiens voir notre article J Réault, Les ouvriers nazairiens ou la double vie in Ecomusée de Saint-Nazaire Saint-Nazaire et la construction navale. 1991 ou mieux, car ce livre est épuisé notre réédition, très augmentée et pour l'essentiel mise à jour, Les ouvriers de Saint-Nazaire ou la double vie in www.sociologie-cultures.com
Jacky Réault
Agrégé d'histoire, Co-fondateur du Lersco CNRS, Maître de conférence en sociologie à l'Université de Nantes LERSCO 1987 - Actualisation (notes 2010 Lestamp)
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Dépôt Légal Bibliothèque Nationale de France

Jacky Réault
Histoire d'une usine au 20° siècle,
Les Batignolles à Nantes, L'usine - La vie. Norois 1981. Réédition Persée (web)
DOCUMENT HISTORIOGRAPHIQUE
Le prière d'insérer livré par Price Minister, du live d'O Pétré-Grenouilleau, 2003
NANTES,
Résumé :
Carrefour âprement convoité, entre terre, rivières et océan, résidence des ducs de Bretagne, Nantes atteignit son apogée au XVIIIe siècle en prenant la tête du commerce colonial. De la traite au sucre, puis à la construction navale, la ville a aujourd'hui la dimension d'une métropole régionale qui continue à se renouveler, tant sur le plan industriel et économique avec le développement de l'activité portuaire, que d'un point de vue socio-culturel. Cet ouvrage important consacré à l'histoire de Nantes, l'un des rares à traiter l'ensemble de l'histoire du pays nantais depuis ses origines jusqu'à aujourd'hui, est doté d'une riche iconographie, souvent inédite. Autour de l'auteur, Olivier Pétré-Grenouilleau, professeur des universités et membre de l'Institut universitaire de France, spécialiste du commerce, triangulaire nantais, une équipe de conservateurs, d'historiens, journalistes et écrivains, apportent un regard complémentaire sur les mille facettes de 'histoire nantaise, au travers d'encadrés.
Sommaire :
DES ORIGINES A L'OUVERTURE SUR LE GRAND LARGE
Entre fleuve et océan : des origines au XIIIe siècle
Un équilibre trouvé ? Le temps de la cité des ducs de Bretagne (du XIVe siècle à 1532)
Dans l'orbite française (1532-1716) : s'ouvrir sur la mer pour se (re)trouver
L'AGE DU GRAND COMMERCE COLONIAL (1716-1830)
Des jours tissés d'or et d'argent : l'apogée du grand commerce colonial nantais (1716-1792)
D'une révolution à l'autre (1789-1830) : la vie politique, sociale et artistique à Nantes
Fluctuat nec mergitur (1789-1830) : l'économie nantaise à l'épreuve de la tourmente
UN DIFFICILE AU REVOIR : LES RUPTURES AVEC LE PASSE (1830-1940)
Un port pour horizon : l'économie nantaise à l'heure de l'ère industrielle
Une ville qui se transforme
Transformations sociales et vie politique : Nantes à nouveau en bleu et blanc ?
L'EMERGENCE D'UNE NOUVELLE METROPOLE REGIONALE (DE 1939 A NOS JOURS)
De la guerre à la reconstruction (1939-1960)
Fin d'époque et redéploiements (1960-1980)
Nantes atlantique : d'une métropole et de son image (milieu des années 1980 à aujourd'hui) Fin du prière d'insérer de Pétré-Grenouilleau.
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