Les Etés du Lestamp, une effervescence résistante à la pétrification clanique de la sociologie

Jacky Réault, Préface à Edith Piaf, la voix le geste l'icône J A Deniot Lelivredart Paris 2012

Cinquantenaire de la mort d'Edith Piaf, un livre, une plasticienne révélée une chanteuse et son accordéoniste (dans ce site, livres, articles, évènements) 

Sociologie de la chanson et de la voix

 

Dernier passage de Joëlle Deniot sur France Culture le lundi 27 mai 2013 à 10 heures 30

sur les voix de femmes de la chanson, et d'abord de Piaf

Jacky RéaultJacky Réault 2012

Préface

(Prologue solennel d’action de grâces précédant le canon -Robert), pages 9 à 23

 

à

Joëlle-Andrée Deniot Edith Piaf, la voix le geste l’icône Esquisse anthropologique Lelivredart Paris 30 août 2012[1]

 

 Penser n’est pas sortir de la caverne,

 ni remplacer l’incertitude des ombres

  par les contours tranchés des choses mêmes,

la lumière vacillante des flammes par la lumière du vrai soleil ;

c’est entrer dans le Labyrinthe,

plus exactement faire être et apparaître un labyrinthe.

 

Cornelius Castoriadis, cité par Pierre Vidal-Naquet

           

Oser s’exposer à ce livre si fort et si beau de Joëlle Andrée Deniot, à propos de ce qu’elle nomme « le phénomène inouï de Piaf », prélude à une anthropologie de la scène vivante, et qui vraiment ne ressemble à aucun autre, c’est la certitude, de l’homme savant ou de l’homme commun, ou mieux, dans l’esprit de son livre, de l’homme savant parmi les hommes communs, de ne point se retrouver indemne ni dans la science ni dans la vie autant que celle-ci soit peuplée par ses lectures.

 

Pour un lieu commun des sciences sociales et de leurs sociétés

 

 Puisse cette trace brûler un peu des sciences sociales dont l’auteur et nous même espérons le retour pacifié en un lieu commun complémentariste dans le fil de Georges Devereux. Oserons nous dire, pour en avoir parcouru et enseigné plusieurs, que leur panne d’inventivité doit quelque chose au  tropisme de la plus abstraite et séparée du monde commun, la sociologie réellement devenue, pour avoir trop oublié la connivence tranquille qui devait lui être naturelle avec les hommes et les femmes de sa propre société, si peu que modestement elle se fit partageuse du bel ordinaire au lieu de se buter dans la rupture[2] du mépris de l’expérience des humains vivant et donc stylisant leur vie ? Ce livre traverse plusieurs de ces sciences et transgresse plus encore les murailles de Chine dont certaines s’entourent et où, beaucoup, en leur sein, se dessèchent. Il paie  pourtant du prix de l’austère engagement dans leur exigence méthodique  de preuve, un droit au plus extrême péril, l’authenticité.

 

Que recule d’entrée qui pourrait s’effrayer de l’initiale et finale présence de l’auteur dans le propos, de l’exploration par retour aux sources inépuisables des savoirs, toutes frontières franchies, des images, des chants, in fine des grandes œuvres transmises, - là où toutes les disciplines sont restées muettes- à la rescousse de ce qui par définition, de l’acte vivant résiste à l’objectivisme chosifiant : Par delà la personne d’Edith Piaf, iconisée, mythe vif au sein du troisième millénaire, sont visés rien moins que la voix, le visage, les gestes et leurs montages scénographiés en un art unique qui est un art commun[3]. N’est-ce pas le propos le plus interdit de l’actuelle conjonction, - peut-on dire oligarchique ?-, d’une certaine sociologie de l’art avec ce qui, de l’art contemporain, se présente sous les seuls labels de l’État, de l’argent et finalement de la séparation.

 

 Le lecteur qui aura suivi Joëlle-Andrée Deniot s’aventure, avec elle, en terra incognita. Au terme de l’initiation, ce ne sera pas le moment, dirait le professeur Tournesol d’Hergé au retour de la lune, de boire de la limonade. Qu’il se prépare, et ceci vaut pour Invitation aux boissons fortes du vertigineux voyage savant et compréhensif de la dite Esquisse anthropologique. La récompense, ce sera un auteur, une raison passionnée, passée par une méthode, une œuvre aboutie foisonnante, réfutable, le bonheur de  retrouver à l’issue de l’ascèse sociologique, son en soi, son pour soi, et, comme en jubile le second Bachelard, un chez soi plus instruit dans sa propre société. Preuve que peut s’inverser le dogme  stérile de la rupture drapée dans l'épistémologie.

 

Préfaces : du multiple à l’un ; une anthropologie

 

Préfacer c’est dire d’avance, c’est se mettre devant. Pour qui est, depuis si longtemps, à côté et, espère-t-il parfois aux côtés de Joëlle Deniot, dire seulement de cette trinité de la voix, du geste, de l’icône qui livre presque tout dès le titre, sauf à masquer peut-être le visage sous l’icône, que nous lisons un nouveau monde. Préface-t-on  une symphonie ? De cette fonction honorable confiée à un tiers médiateur, si besoin démineur, (l’historien complémentaire ?) Borges eut l’ironie libératrice de faire  un livre à pétrifier quiconque accepte cette convention entre l’intrusif et l’abusif. S’il faut se résoudre à « dire d’avance », commençons par deux transversalités, non ciblées par l’auteur.

 

Cette sémiologue rare tente de tout inscrire dans l’histoire, exacte datée, jusqu’à celle de l’amour et des pleurs. Celle qui pourrait frôler la perdition dans le ravissement de ces voix, nous parle toujours de la (sa) société. Autant pour les censeurs invoquant la culture pour reléguer  aux marges disciplinaires ! Ceci dit, sur ce livre d’invention de références et d’inédits transgressifs si référencés, on ne peut ni doit, impose a priori le point de vue disciplinaire d’un surplomb exclusif. Le réel  commande ici la connaissance, non l’a priori de factices constructions. In fine viendra le jeu des affiliations Anthropologiques, résume-t-elle. Nous aussi.

 

Pré - face Une focalisation méthodique sur les voir de la voix

 

Pour avancer de côté le propos sans qualité qui condenserait tout, genèse et fins, pourquoi pas cette énigme d’apparence lacano-futile ? Des explorations éclatées sur les voix (de femmes), dont l’opacité résiste tant à la pensée claire, l’auteur ne parvient à l’unité intelligible qu’en passant par, plus rebelle encore, l’incarnation faciale de la personne, prélude à la sidérante intelligibilité de l’incarnation globale de tous les langages-corps du chant scénographié. Le visage, approché par l’icône, passant ici par l’empirique sociologie off de l’image-photo s’avère l’épistémologique et pratique acmé de ce livre. Mais c’est avec le geste qui relie tout que se découvrent ces improbables médiateurs d’un discours possible sur la voix. De quoi troubler qui oublierait l’enjeu de civilisation de l’image comme partage des grands liens (religions) actuels engendrés par notre Mère Méditerranée depuis la scansion hellénistique et chrétienne des portraits du Fayoum. Moralement iconoclaste, J.-A. Deniot excelle dans l’heuristique iconodoule. Le préfacier se plait à  retrouver, dans le prologue solennel d’action de grâces précédant le canon (Robert), un peu de théologie quand ce livre a osé l’interroger pour dire la face. Qui subsistera devant ta face ?

 

 Ligne de vie. l’authenticité

 entre ethnographie populaire

 et droit d’(être) auteur en sciences sociales.

 

 L’homme qui dit d’avance ici, de par la double articulation de son langage, l’ascendance d'âge et l’antécédence universitaire, invita, cette très jeune femme, alors Joëlle Deniot, étudiante en philosophie croyant trouver dans la sociologie d’après 1968, la clé du monde réel, à s'introduire, si seule, dans une usine d’hommes, des métallurgistes. Elle en offrit la seule œuvre d’ethnosociologie savante et compréhensive qui, n’ayant pas pris la culture et le travail ouvriers en surplomb mais en pacte d’égaux interactifs et fraternels, survive à la rude idéologisation d’époque. L’ayant côtoyée dans tant de coopérations, d’entreprises intellectuelles ou polémiques (l’Université a les deux faces de l’Eris[4] d’Hésiode) j’ai été témoin, actif en ses débuts et un peu sidéré de la gestation de trois œuvres, abouties dont ce livre et deux thèses, d’une multitude d’articles, de grands livres, faits ou initiés, de cette universitaire si modèle sinon modale par tant de créativité, mais d’une rare liberté d’esprit payée très cher. Elle a dirigé trente thèse et, avant de cofonder en 2007, invitée par les instances universitaires, l’EA 4287 de l’Université de Picardie Jules Verne d’Amiens, Habiter Pips, elle a fondé à Nantes et dirigé deux laboratoires dont un durable parce que libre associatif alternatif. Elle en invente le sigle unique sémiologisant : Laboratoire d’Etudes Sociologique des Transformations et Acculturations des Milieux Populaires, Lestamp. Ce sont les identifiants les plus fidèles du temps long d’une œuvre collective et d’abord de la sienne. Incluant d’entrée l’esthétique ordinaire, ils sont la trame de  toute l’œuvre jusqu’à cette Scène de Piaf[5], dont on nous pardonnera de risquer l’exégèse. 

 

Elle nous semble tisser :

- des ensembles flous de la complexité populaire hétérogène, entre langue commune et scientifique, des milieux localisés plutôt que des catégories rigidifiées de discipline, d’école et d’Etat.!

- l’éther unifiant des pratiques, les cultures dans leurs métamorphoses interactives, non sacrifié à l’économisme !

 - le primat -vitaliste ?- d’une pensée de mouvement plutôt que du fixisme des seuls concepts.

- et par-dessus tout çà, la question à jamais problématique, mouvante mais irréductible, du populaire, la clé, s’il a d’une possible démocratie.

 

La voix, le geste, l’icône de J.-A. Deniot, quoique libérée du conventionnel art de la thèse, sait coudre sur cette toile, tous les modes de sciences sociales[6] qu’elle a su mobiliser pour devenir la sociologue-ethnologue des mondes populaires dans tous leurs états. Sa Coopération ouvrière à l’usine des Batignolles au bord vif et tragique des Trente glorieuses où la « classe ouvrière » entre dans le silence (1984), adjugeait sa connivence savante, toujours requise, avec l’univers langagier des plus viriles sociabilités, condition d’une ethnographie du travail comme de la scène des chansons. Qui d’autre a abordé le  travail – ce mo trop simple, tabou des sociologues de la culture sauf à  le réduire à l’intermittence-, de l’artiste ? Dix ans plus tard, plus n’est question des classes du Lersco[7] dans son Décor en milieu ouvrier, seule sociologie de la vie privée ouvrière non condescendante et qui anticipe sa sociologie esthétique des cultures populaire vers une neuve sociologie de l’art dont Edith Piaf,[8] partant d’une figure exemplaire de la chanson, achève la genèse en manifeste.

De l’étreinte de la voix de Piaf à Dire la voix,

Ayant donc donné tous les gages possibles aux disciplines qu'elle enseigne, jusqu’à offrir huit ans d’engagement au Conseil National des Universités Sociologie, n’ayant plus rien à prouver, elle pouvait rêver d’une nouvelle liberté. Ce passage à l’acte concerne le geste vocal chanté perçu par la voix enregistrée et tout un univers d’images. Mais la hiérarchie des savoirs libérés de l’affiliation moniste des carrières n’a plus que le réel pour guide. Si  la sociologie a moins à offrir[9] que viennent l’anthropologie (Georges Devereux, Pierre Legendre), l’iconologie, les psychanalystes de l’art (M. Poizat) voire la sémiologie même. Amen ! Cette Esquisse anthropologique est un très aussi un livre de sémiologie généralisée. Mais ces canoniques – cette originalité requise l’expose surtout au soupçon des gardiens - sont entourées de l’assemblée brillante qu’exige l’analyse méthodique d’une icône vivante, d’un art et d’une artiste sacralisés ; la philosophie, l’histoire de l’art, les arts plastiques et photographiques, la littérature, la poésie jusqu’aux textes de Jacques Bertin, rare critique culturel d’investigation du Langisme et sublime chanteur.

 

Que tisse J.-A. Deniot de radicalement neuf - le schème textile est chez elle bien plus que métaphorique, une structure de pensée- sur cette trame où la communication universitaire a depuis quatorze ans surtout retenu le fil chanson, autonomisé encore en recherche lors de l’acte fondateur de 1997[10] ? Les motifs de son Esquisse anthropologiques sont désormais singulièrement affirmés, comme le plain-chant d’une complétude jubilatoire (ses nocturnes femmes), l’anthropologie de ces voix de femmes qui ont capté, [Damia, Fréhel, Yvonne Georges], et captent encore, [Piaf, Barbara, Ribeiro, Gréco] des peuples, par l’expérience commune d’une beauté partagée entre l’émotion, le sensible, le sens. Ce qui était latent dans  Le décor devient l’explicite de ce livre : une socio-anthropologie esthétique appliquée. Elle est désormais apte à intégrer dans toute son ampleur, cette immense réalité irréductible aux formalismes et décodages de ses sociologues « de l’art », refoulée par l’État culturel[11], la chanson française, véritable mobilisation populaire[12]. Premier choix des goûts musicaux de tous en ce pays[13].

 

 Ce qui dans ce livre s’avance après trois ans d’écriture et deux ans de rétention par l’éditeur d’une institution sans parole, se résume dans un de ses titres de 2000, l’ambition de dire la voix.  Elle vient de loin, jaillie dès la première phrase pour se clore dans l’épilogue d’enfance de Marianne Oswald. Comme beaucoup d’amoureux des chansons… je fus dans ma vie, très vite emportée par la vague, saisie par l’étreinte de la voix de Piaf. L’audace de ce marquage est d’une véritable ethnographe, non d’une provocatrice, sauf à l’aune de l’académisme. Pourtant, plus qu’un trope, c’est une question théorique qu’on y voit posée : comment et d’où écrire savamment de l’indicible ? Et qui plus est, s’il s’agit de ces voix si incarnées et si multi-signifiantes qu’elle dit féminines –autre grande audace (ou limite peut-être ?) du livre ?- voix qui étreignent, fascinent, bouleversent des publics aussi vastes que des peuples, ces illégitimes par excellence de la mondialisation, sinon de la recherche, ici nommés sans fard.

 

 Parmi ces grandes voix populaires du Vingtième siècle, la voix d’Édith Gassion, dite La Môme, dite Édith Piaf - si travaillée, si authentique, se présente comme un achèvement quasi miraculeux jusqu’à cette icônisation, support d’un mythe contemporain joliment vif dans et bien au-delà d’une nation, La France. L’immense paradoxe résolu par ce livre est d’avoir dû créer de toutes pièces, et avec tout l'appareil –quoique sans l’apparat quantophrénique-, une science sociale expérimentale du visage à partir des multiples images du visage de Piaf. La face à l’image de dieu des théologiens et des artistes est ici assortie de ses gestes et dans son interface avec sa société-peuple, la scène, ou l’autel de la sacralisation.

 

Une technologie qui ne tue ni ne désymbolise mais ressuscite.

 

Le livre déjà si dense d’invention idéelle repose sur un corpus exhaustif obstinément collecté pour lequel elle dut inventer la technique d’appropriation. Cette filmographie, discrétisées par elle en 239 images dont cent indexées aux paroles chantées,  -immense ouvrage de cette ouvrière de la connaissance-  permet la production d’une morphologie, d’une syntaxe, d’une grammaire et son application thématisée vers le dire discursif résultant de l’image et du texte montrés en dispositifs expérimentaux, séquentiels, comparatifs, typicisés. Ce mouvement invente sa méthode, un mode de penser et le plus beau bouquet de vérités compréhensives jamais offert aux nocturnes chanteuses et à nous. Esquisse, dit-elle ! Préférons livre des fondations, irréductible à tout genre pour dire la voix savamment structurée comme plusieurs langages  et doublement : les langages silencieux du visage des gestes des postures du corps, sans oublier -spécificité française- le discours signifiant des chansons ; mais aussi les langages innombrables de toutes les ressources interprétatives sollicitées, plastique et philosophique compris. Nous sommes encore dans l’après Babel id est dans la Culture, images et textes, loin des fantasmes mondialisateurs d’une novlang universelle transparente de la dédifférenciation.

 

Trois fils pour une Ariane

 

Au lecteur universel donc divers je propose trois niveaux de lecture : l’interférence historique de la réception d’un film, la transversale latence d’une unité problématique tissant plusieurs propos structurels, son architecture lumineuse enfin.

 

Quel fil initial de réflexivité indexé au temps vif ?

 

La première lecture révèle l’Ariane d’une contemporanéité rarement affrontée, ce précieux fil rouge qui part d’une situation partagée et amorcée par le film d’Olivier Dahan, La Môme, visiblement coulé dans son sillage pour un lecteur hésitant sur le seuil. Presque étonné d’une sensibilité toujours en éveil pour les data si datés des temps en train de passer, le lecteur historien a trouvé un premier salut en ce fil déroulé de l’histoire immédiate scandée de la réception. J.-A. Deniot lui indexe, inachevable, l’autre récitatif d’une inlassable réflexivité à la première personne.

 

Quelles tensions de plusieurs voix ?

 

Reflet évident de l’unité d’une personnalité et d’une pensée stratifiée, La scène de Piaf de J.-A. Deniot se résume dans une triangulation singulière de propos et de style entre,

-        la tension d’authenticité de la  présence de l’ethnographe dans le récit, où le langage est celui de tous, affirmé dès la première page et trouvant son assomption dans de la genèse biographique finale, « il était une fois »

-        l’ascèse radicale mais toujours accompagnée d’un discours qui fait sens et relie, de l’analyse des 100 images restantes, parmi les centaines découpées dans les films ayant servi au filage de l’analytique des langages scéniques, au tissage d’une grammaire plus générale et au tissu des grandes montages.

-        L’acmé lentement conquise des grands enfantements, - de l’intelligence sensible et de l’intelligence théorique -, offrant à l’esprit l’aporie surmontée de l’intelligibilité abstraite affrontant, entre la scène et l’icône,  le mystère de l’incarnation.

 

 Quelle composition manifeste ?

 

L’ordre d’exposition, réduit à l’épure de la table introductive n’a pas besoin de redondance, jouons plutôt du registre du contrepoint. Délicatesse à l’égard du lecteur rebuté par la scholastique besogneuse de la « construction a priori de l’objet », l’auteur a reporté au chapitre VIII, sa théorisation plus abstraite dans la voix, l’écoute, l’écrit. Cette haute couture des concepts bien cousus, donnera, à qui ne sait résister à l’esthétique de l’intelligence pure, des plaisirs rares et conquis avant la chute finale légère et émouvante de l’anamnèse biographique. Voilà pour la fin ou presque.

 

Revenir à l’ordre si réfléchi de l’exposition, ce sera d’abord pour mettre en garde sur la neutralité avancée à la manière d’un prologue, de Délier Relier. Outre la première expérience  de la personnalisation de l’écriture, coprésence réfléchie de l’auteur dans l’objet étudié, irréductible dit-elle, à propos de l’épreuve de visage à visage, à toute chosification, toutes les mises au point, réglages du chapitre I, sont de courts mais véritables essais d’analyse culturelle. Le décryptage cavalier du small world des critiques, les questions condensées du public-peuple du film regardé « d’en haut », du réalisme, des cultures populaires ne sont pas moins précieux que le déblai des fausses pistes : le pseudo genre marketing et convention, de la chanson réaliste, collecteur au mieux  d’inventaire, au pire de bric-à-brac.

 

Aussitôt sans lourd méthodologisme, (cet asile de l'ignorance), proclamé vient la première expérimentation-synthèse du chapitre II, l’icône, issue de l’impossible résolu de la connaissance du visage conjugué à celle de la voix, et où l’objet est, - c’est nous qui le lisons ainsi -, le cadre sociétal d’une icônisation. Les deux chapitres suivants voient l’usage magistral de l’invention méthodologique étayée par le corpus  de photos et d’images, d’où s’expose, dans l’acte même de la découverte, la grammaire des langages scéniques dans une anthropologie, à la fois singularisée par Piaf et sociétale, de la scène. Dans l’ultime aboutissement du chapitre VI, Nocturnes de femmes on se meut dans la complétude rare sur l’unité de style des grandes voix de femmes, un thème périlleux au regard d’un sociologisme de pierre désormais hystérisé par le déni des sexes d’une théorie du genre réduite à une toute puissante « préférence sexuelle ». Au-delà enfin du chapitre VII, dense dialectique sur le cheminement total du livre, théorico-expérimental sus-évoqué, vient l’épisode biographique où s’ancrent les racines de cet arbre de la connaissance élevé si dru  pour nous dans l’intelligibilité du mythe originel : la même scène irrigue dans les grandes œuvres, et celle-là plus que toute autre, un Eros de la connaissance, prélude d’une connaissance de l’amour dont J. Deniot, fit en 2001 à Nantes, le thème de son grand Colloque biographique.

 

l’icônisation : Actualité contemporaine du mythe et de la sacralité

 

Le schème du tissu si heuristique et revendiqué avec Patrice Hugues[14] mène naturellement à celui l’ordre d’une sacralité. Contre la sécularisation illusoire, voire l’achevable désenchantement, JA Deniot a du coudre tant de tissus hétéroclites, idéalité séparée, images, témoignages, essais, traités, photos, tout ce qu’appelait la mobilisation de l’esprit et du cœur d’une exploratrice du réel, incluant l’imaginaire. Loin d’un anecdotique patchwork, elle  livre l’architecture textile d’un cirque vaste comme l’histoire d’une nation. La résolution est passée par les architectoniques synthèses, ses tissés de l’icônisation dans l’entre-deux de l’espace sacrificiel et chamanique de la scène, l’autre construction souveraine, sanctuaire de l’icône, et surtout métonymie de l’espace sociétal tout entier. Pour rendre intelligible l’épiphanie d’un mythe fulgurant dans la France acculturée apparemment de ses chansons par son propre Etat, l’auteur oscille entre cette sémiologie de tous les langages et des discours interactifs que condensent l’icône et la scène et une anthropologie historique de la société France 2008. C’est dans et par cet entre-deux scénique et sociétal, entre macrocosme et microcosme en interaction, que nous lisons ce processus total, donc sacré, d’icônisation.

 

 Mireille Petit-Choubrac[15]

 

 Mais pas d’icône sans figuration, les si belles saisies d’images de trop frustres archives, n’auraient pu suffire à l’achèvement de la liturgie. Il y fallait une artiste qui sache intégrer, de moments magiques et fugaces, la ferveur et l’authenticité d’un visage, l’impudeur des mains dans l’autorité d’un trait. La somptueuse contribution de Mireille Petit-Choubrac, l’autre invention de ce livre, fera date dans la mémoire plastique, mais prenons garde que le vieil intellectualisme iconoclaste désormais rabougri par le scientisme, ne jette une chape de plomb sur l’audace scientifique qu’il y a eu ici à faire de l’artiste une exigence de la restitution anthropologique.

 

Entre les langages de la scène et un peuple 

 

Sur la scène, l’auteur a trouvé avec toute l’anthropologie, les formes déjà construites pour l’hystérisation chamanique, la victimisation sacrificielle[16], montages civilisationnels dont les scènes réelles condensent ce que toute la société mobilise pour s’humaniser.[17] Son originalité est de l’envisager comme matrice des gestations interac-tives des langages scéniques, et contexte-dispositif réel de ses expérimentations imaginales, d’où surgissent ses catégories sémio-posturales, de lecture du visage (iconostase, sacralité, reflets, miroirs, masque, mains) et du corps global ou gestualisé. C’est là, même si la starisation traque l’artiste dans la vie, qu’il faut en revenir à  l’icône qui s’y engendre. Ce concept synthétique est donc inséparable de celui de scène, scène de Piaf et scène générique. Mais ces cadres structuraux ne nous disent pas pourquoi Edith Piaf, la chanteuse populaire, française, et universelle, apparemment morte il y a quarante cinq ans, resurgit, à contre temps de toutes les évidences, partout et en détail jusque sur les non-scènes géantes et désymbo- lisées des télévisions du show-business et dans le vacarme globish des zéniths.

 

Le pacte anthropologique retrouvé

Une autre épistémè des sciences sociales

 

Nul ne clora ce livre lu sans avoir dû éprouver, ravi, étonné, furieux, là où doit régner la séparation positiviste, un nœud de liens, où se résout un autre religere de la connaissance. Liens entre l’actrice réelle iconisée, mythisé et ses peuples ; entre l’auteur, ses « objets » analysés dans une compréhension qui les restitue comme sujets ; entre l’auteur et cet autre lien global appréhendé sans effroi ni récupération, le peuple, le populaire et ses icônes ; entre l’écriture enfin, l’écrivant et le référent.[18].Religere, toujours à l’encontre de l’idéologie obsessionnelle de la sécularisation (alias désymbolisation et désinstitution- nalisation dans les termes de Dany-Robert Dufour)[19], alias le fétiche sociolo-gique de l’objectivation, voire l’éther moniste et mortifère du champ.

 

 Montrer des rapports insus entre les phénomènes n’était-ce pas le programme scientifique même, à ceci près qu’il est plus prudent concernant les hommes d’invoquer, dans l’ordre de leur asservissement déterministe, plus des liens historiques et sécables que des lois abusivement éternisées. N’est-ce pas d’une nouvelle façon, à partir d’une autre tradition de langage et plus large encore que ce pacte à la fois biographique et scientifique à la fois, de J.-A. Deniot avec la chanson, retrouver cette charte, comme la dette qui lie l’ethnologue et qui seule lui fait mériter l’identité d’anthropologue, celle d’une fraternité avec les peuples chez qui il fait intrusion en les considérant et en les respectant en sujets.

 

 Mais ne faut-il pas, au seuil où nous sommes parvenus, faire le saut au large du propos ciblé. Cet ouvrage illustre et balise, pour qui veut l’entendre, une autre approche des sciences sociales et humaines recousues dans toutes les expériences gnoséologiques disponibles sur une totalité de parcours, investigation, exposition, écriture, - et avec la singularité de son style - une autre présence possible. En fraternité – sans contact pourtant- avec la multiréfentialité chère à Castoriadis s’avancent autant de pensées disponibles que l’objet-sujet en requiert et J-A Deniot en ce registre innove au sein même du labyrinthe ! En tissant maints exposés dans l’anthropologie du tissu de l’historien devenu plasticien Patrice Hugues.[20] En puisant loin des frontières, aux trésors anthropologiques latents d’un autre auteur vivant, ce mineur de fond de nos langues, Pascal Quignard de la fascination (Le sexe et l’effroi). N’est-ce pas un concept de la présence et de l’aura de la scène des grandes chanteuses réalistes ? Pourquoi se priver sous contrôle de gardiens de « la science » du premier et rationaliste Gaston Bachelard, de l’apport subtil de sa seconde matière postuniversitaire, libérant une autre œuvre sensible, intuitive indexée à la poésie du quotidien. intuitive indexée à la poésie du quotidien ? Et fallait-il repousser, comme « essayiste » ce phare a-disciplinaire des écrits sur l’art, Yves Bonnefoy ?  Brisons là ! Ce qui nous a été donné à lire est un passage à l’acte neuf d’une autre épistémè des sciences sociales qu’ont, à leur façon, profilé d’autres audacieux du siècle, Devereux, Castoriadis, Quignard, mais qui, avec la scène de Piaf, la voix, le geste l’icône, trouve au plus opaque du labyrinthe, comme en abîme, osons le dire, une (les) voix de femmes

 

La chaîne d’élaborations qui aboutit aux sommets inventifs de l’icône et de l’icônisation, d’une scénologie des langages de l’artiste a dû passer par l’alliance, si nouvelle par sa base empirique, d’images et de toute la sémiologie, avec une anthropologie de la sacralité et de la mythicité contemporaines, certes plus ou moins à disposition dans le savoir existant mais si réélaborées.

Ce qui en revanche, manifeste une invention plus radicale - certes non séparable de ces chaînes complémentaristes reliées par une sociologue hors norme - est le contre-projet abouti et, dans le contexte disciplinaire actuel, révolutionnaire d’une autre sociologie de l’art.

 

Son originalité, relative évidemment pour le lecteur cultivé qui n’a oublié ni Hegel ni Diderot, est de réintégrer en son sein les savoirs d’une sociologie esthétique, en dialogue suggéré avec l’Esthétique sociologique de Georg Simmel, conjuguant le rapport sensible affectif et signifiant au beau, et intégrant sous ce concept, cette authenticité dont on sent la quête dans la partie vive d’un l’esprit du temps lassé par les déconstructeurs. Cette sociologie esthétique, certes étayée par toute la culture disponible entre philosophie, histoire de l’art, et les réprouvés arts et traditions populaires, s’induit phénoménologiquement dans ce saisi des voix de femmes étudiées et d’abord de Piaf : un art qui puise sa spécificité tragique, d’être tissé dans la vie même de l’artiste.

 

Nous partageons avec elle, comme sociologue face à la crise de l’ainsi instituée sociologie de l’art, et comme homo sapiens aux prises avec une société comme fascinée par une poignée de promoteurs d’une esthétique nihiliste, l’idée de l’urgence d’une refondation. La première ne prétend-elle pas monopoliser le propos scientifique dans un cercle clos se disant contemporain, celui des arts et artistes d’Etat et d’argent. Ensemble ils proclament une souverai- neté oligarchique libérée de l’ascendance de l’histoire de l’art comme de toute dette de beauté à l’égard de la société qui, moins qu’aucune autre, ne saurait respirer sans sa « fenêtre sur chaos. »[21]

 

L’autre sociologie de l’art avancée par ce livre vient de loin dans l’œuvre et la vie de Joëlle-Andrée Deniot, s’affinant toujours plus depuis sa thèse d’Etat, passant par cette sociologie esthétique éprouvée aux fondamentaux de l’esthétique populaire. Il prouve qu’une alternative existe dans le réel comme dans sa connaissance, à la supposée mort de l’art, jusque dans cette audace, unique sans doute dans les sciences sociales, de solliciter le talent d’une illustratrice. Exaltée par l’offre si singulière qui lui était avancée, elle nous offre une œuvre plastique d’une perfection d’un autre âge et pourtant cheville ouvrière d’une « administration de la preuve ».

 

La scène de Piaf de Joëlle Andrée Deniot, ou mieux Edith Piaf et Joëlle-Andrée Deniot, la sociologue de l’usine, de l’esthétique de la maisonnée populaire, de la fibre tragique universelle des voix des femmes de la chanson populaire du vingtième siècle, et l’artiste si française et si universelle nous parlent ensemble : le nihilisme décivilisateur et les fractures culturelles abusivement adjugées irréductibles entre un « haut » et un « bas » ne sont pas fatales. Il faudrait vraiment arrêter de les présenter comme « la » science en opposant idéologiquement, dans la jubilation perverse d’un apartheid imposteur, le savant et le populaire.

 

                                    Jacky Réault, Lestamp

15 janvier 2009-16 mars 2011

 

Agrégé d’histoire, sociologue, directeur du GIRI CNRS 1988-1991 Responsable de l’axe sociologie de l’EA 4287 de l’Université de Picardie Jules Verne, Habiter-Pips. (2008-2011)

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Notes de Préface

                    [1] Paris Lelivredart. 2012Mireille Petit-Choubrac Piaf pour Joëlle-Andrée Deniot

 [2] La rupture avec le sens commun est la clé de voute du sociologisme dogmatisé par l’école bourdivine

[3] Sur le commun, tierce, et positive configuration du populaire, transversal et/ou à côté du peuple nation et du peuple social, consulter www.sociologie-cultures.com

[4] Déesse, aux troublantes homologies  avec Eros, soit de la discorde assassine soit de l’émulation.

 [5] La scène de Piaf était le premier sous titre unifiant de son tapuscrit, centré sur la voix et le corps, mais  n’ayant pu en intégrer le dispositif matériel de la scène elle a préféré Esquisse anthropologique.

[6] Le premier auteur cité est Yves Bonnefoy. La note pénultième, honore l’Edgar Morin d’Amour poésie sagesse, Paris, Editions du Seuil 1997.

[7] Laboratoire dit d’Etudes Sociologiques de la Classe Ouvrière auquel elle participa dès sa titularisation

[8] La coopération ouvrière à l’usine des Batignolles. Paris Anthropos 1983. Ethnologie du décor en milieu ouvrier Le Bel ordinaire, Paris, l’Harmattan. 1995. Avec Alain Pessin, Les peuples de l’art. L’Harmattan 2006.

                  [9] Notons E. Morin sur les stars, C. Javeau sur les divas d’opéra, A Mouchtouris, la chanson grecque.   

[10] Son Colloque de 1997 La chanson réaliste, Lestamp Université de Nantes peut, après bilan critique de ce marqueur mondain, fonder sa sociologie de la chanson.

[11] Jacques Bertin. Conférence, Lestamp-Association, Université de Nantes, Master Epic. Octobre 2006. Site www.sociologie-cultures.com

[12] Jacky Réault au colloque fondateur de la branche francophone de l’International Association for Studies of Popular Musics-, Louvain La Neuve, 2007.

[13] David L. Looseley, Popular music in contemporary France. Berg, Oxford New-York et TNS-Sofres-Sacem, Les goûts musicaux 2007.

[14] Tissu et travail de civilisation. 1996. Editions Medianes, Rouen. Avec Régis Debray, Dictionnaire culturel du tissu, Babylone et Fayard 2005

[15] Ce titre et la fin du paragraphe ont été ici rajoutés au texte édité par Lelivredart.

[16]  Elaborée dans l’œuvre de René Girard.

[17] Pierre Legendre, De la société comme texte. Fayard 2001.

[18] Malgré des tendances néo « Anthropologiques » contraires, perdure dans le fil de Jean Malaurie, jusqu’au récent et beau village métamorphosé, de P. Dibie, le droit à une écriture au plus près de l’auteur et du sujet et le pacte anthropologique. La collection Terres Humaines hésita à éditer ce Piaf.

                    [19] L’art de réduire les têtes. Fayard 2004.

[20] op.cit.

[21]  Cornelius Castoriadis, Fenêtre sur le chaos, Paris Editions du Seuil. 2007.

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Lisez aussi de Jacky Réault

Eros et Liberté, Deniot Mouchtouris Réault. Paris Le Manuscrit 2014

 

Eros et liberté

trois essais de sociologie et d'histoire,

 avec Joëlle DENIOT ET Antigone MOUCHTOURIS

Préface de Charles DREYFUS-PECHKOFF

 

Paris Le Manuscrit 2014

Autres publications

 

Jacky REAULT

Contribution à l'histoire de la sociologie à Nantes en France, en Grèce : De Nicos Poulantzas à Cornelius Castoriadis,

deux ponctuations grecques d'un itinéraire sociologique en France 1968-2009.

Chapitre VII p. 131 à 166 de Actualité de la pensée grecque 

Cliquer ici pour accéder à la table des matières

Jacky Réault De Nicos Poulantzas à Cornelius Castoriadis in A Mouchtouris, P Christias, Actualité de la pensée grecque.

 

 Et dans le fil de ses travaux de sociologie politique et syndicale ,

In extenso, l'application à une vaste étude exhaustive du territoire française de sa problématique du Populaire.

Nicolas et Ségolène ou le mystère de la Dame de Vix,

Une analyse en profondeur spatiale historique et statistique des socles sociétaux et anthropologiques, des degrés et formes de prolétarisation qui rendent compte des votes présidentiels et notamment populaires et ouvriers.

http://www.sociologie-cultures.com/

Dans le Menu Articles.


 

Evenements

Besançon Universite de Franche-Comté

J Deniot Signature aux Sandales d'Empédocle à Besançon invitée avec J Réault par le professeur Gilles Ferréol.

Besançon

Prélude au Cinquantenaire de la mort d'Edith Piaf en septembre 2013 le Livre de J-A  Deniot a été présenté par l'auteur interrogée par le professeur Gilles Ferréol, lors de la rencontre signature à la librairie Les sandales d'Empédocle à Besançon le 20 mars 2013, avec la participation de Jacky Réault préfacier du livre.

Nantes

Semaine du 4 au 10 mars 2013

 

a la Galerie Atelier-Expo

14 rue Joseph Caillé

http://atelierexponantes.blogspot.fr/2013/01/mireille-petit-choubrac-exposition.html  ,

 se déroulera l'exposition des dessins, encres, gouaches, fusains, de Mireille Petit-Choubrac qui a illustré le livre Edith Piaf, la voix le geste l'icône.. Paris, Le livredart (cliquer).

 

Le vendredi 8 mars

lors du vernissage (18 h 30), Laurent Danchin, critique d'art, animera  à partir de 19 h 15 15 une table ronde qui permettra à l'artiste, à  l'auteur, Joëlle Deniot, et à son préfacier, Jacky Réault, d'expliciter le sens et les enjeux artistiques, sociologiques et anthropologiques d'un tel ouvrage.

 

Que signifie l'insertion pérennisée dans une culture populaire et commune française  comme universelle, de la voix iconisée et des chanson d'Edith Piaf ?  

 

 Quel est le statut intellectuel d'un tel ouvrage très singulier entre sciences sociales revisitées et culture commune ?

Un débat sera ouvert avec la salle à l'issue duquel la chanteuse Violaine Guénec et l'accordéoniste Bertrand Bugel interpréteront des chansons d'Edith Piaf.

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 PARIS

 

CLIQUER SUR L AFFICHE

 

 

Galerie Delta Paris 7 09 2012 J A Deniot M Petit-Choubrac,J Réault  L Danchin, J L Giraudtous édités au  Lelivredart

.

 

 

 

 

 

 

 

 

et c'est reparti pour une nouvelle année !

2013

Non, Mycelium n'a pas encore 

dit son dernier mot.

Meilleurs voeux à tous

contre vents et marées..

Laurent Danchin & Jean-Luc Giraud

Au sommaire un débat ouvert enfin sur l'ainsi nommé

ART CONTEMPORAIN

 

Vous pouvez réagir auprès de Joëlle DENIOT ou de Jacky REAULT

 

joelle.deniot@wanadoo.fr

jacky.reault@wanadoo.fr

 

 

 
 
 
 
 
 


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